Publié le 16/12/2016

Jaafar Abdulkarim : Shabab Talk revient en Tunisie à l’occasion du 6ème anniversaire de la révolution

L’émission de la Deutsche Welle, Shabab Talk, revient en Tunisie une seconde fois.
Jaafar Abdulkarim : Shabab Talk revient en Tunisie à l’occasion du 6ème anniversaire de la révolution

Shabab Talk est une émission de débats qui s’adresse aux jeunes est déjà allée dans plus de 20 pays dans le monde. Elle sera tournée une seconde fois en Tunisie et sera diffusée sur la DW et Nessma tv le 20 décembre à 17h15. A coups de sondages d'opinions de reportages tournées dans les régions tunisiennes et de discussions entre jeunes et responsables politiques, l'émission s'intéressea de nouveau à notre pays.

Nous avons rencontré le journaliste et animateur de l’émission, Jaafar Abdulkarim, à qui nous avons posé des questions sur Shabab Talk qui sera tournée pour la deuxième fois en Tunisie.

Il vous arrive souvent de revenir dans un pays dans lequel vous avez déjà tourné ?

Il ya des pays où nous sommes allés plusieurs fois, tout dépend de l’interaction que nous y trouvons. En Tunisie et suite à la diffusion de la première émission et à sa publication sur internet et sur les réseaux sociaux, les jeunes Tunisiens ont beaucoup interagit et il y a eu beaucoup de débats, nous avons aussi reçu beaucoup de messages de personnes qui voulaient participer à Shabab Talk.

En plus, 6 ans sont passés depuis la révolution tunisienne et le début du printemps arabe qui a démarré ici. Il était important pour nous d’être là, afin de poser des questions : « qu’est ce qui a été accompli grâce à la révolution ? », « Qu’est ce qui a changé ? », « Quelles sont les impressions des jeunes ? ».
Le programme offre une occasion aux jeunes de parler de leurs pays mais aussi de découvrir d’autres pays et d’autres jeunes.

La dernière fois, vous avez tourné au Musée du Bardo, théâtre d’un attentat en mars 2015. Avez-vous pensé à tourner dans l’une des régions où il y a eu les premières étincelles de la révolution ?

Pour une question de logistique nous tournerons probablement à Tunis, mais je me déplacerai dans les régions et nous aurons des reportages de Kairouan, Kerkennah et d'autres endroits. J’irai aussi à l’avenue Bourguiba pour un interroger les jeunes.

Je vais sur le terrain, il m’importe d’aller où les jeunes vivent, souffrent, pour avoir une idée claire. Je ne veux pas être uniquement animateur, je suis journaliste, je veux aller vers les gens. C’est comme ça qu’on gagne de la crédibilité et qu’on ressent ce qu’ils vivent.

C’est pour ça qu’on fait le tour du monde arabe, pour dire aux jeunes que nous irons chez eux. Les jeunes manquent d’opportunités dans le monde arabe et on ne les écoute pas assez.  Nous, on les  écoute on leur offre une plateforme pour s’exprimer. Les dernières statistiques parlent de 105 millions de jeunes dans le monde arabe, le chiffre est énorme*.

J’ai eu l’occasion grâce à l’entreprise dans laquelle je travaille et qui s’intéresse aux jeunes du monde arabe de me déplacer. Je n’aime pas rester dans un bureau mais l’émission c’est aussi toute une équipe qui travaille sur la préparation.

Vous arrivez à vous déplacer sans difficultés ? Sans entraves ?

Bien sûr qu’il y a des difficultés, il y a des pays qui ne veulent pas qu’on aborde tel ou tel sujet. Entrer au camp de réfugiés ‘Zaatari’ (camp de réfugiés syriens ouvert en juillet 2012, en Jordanie, NDLR) était un vrai défi, pour nous. Mais nous avons une crédibilité et les jeunes savent que venons leur donner l’occasion de  faire parvenir leur voix.

Dans certains pays arabe, vous pensez que vous pouvez parler de tout mais non… nous dans notre émission, nous n’avons pas de lignes rouges, nous parlons de tout.

Crédit Photo : DW

Y-avait-il des lignes rouges en Tunisie ?

Non, en Tunisie on peut parler de tout, au Liban aussi. Dans l’émission nous parlons de ce que nous voulons, la liberté d’opinion et de la presse ne sont pas juste des expressions comme ça. Moi j’y crois, je crois qu’on peut le faire. Quand on ne le fait pas, les jeunes sont intelligents, ils s’en rendent compte.

Vous êtes allés en Syrie ?

Pour des raisons sécuritaires, nous n’avons pas pu aller en Syrie, ni en Libye. Nous avons essayé d’aller en Libye mais c’est très difficile, l’équipe risque d’être mise en danger.

L’autre fois en Tunisie , Shabab Talk s'est intéressée au djihad et au terrorisme, quel sera le thème de cette fois ?

Le plus grand problème des jeunes est le chômage. Nous aurons plusieurs axes sinon pour aborder cette émission, comme l’égalité hommes-femmes, l’éducation aussi. Les jeunes veulent une bonne université et les moyens d’étudier…

Vous visitez plusieurs pays du monde arabe, y a-t-il des points communs entre eux ?

Je ne fais pas partie de ceux qui comparent, chaque pays a ses caractéristiques et est différent. La seule chose que je pourrais dire est que les jeunes arabes veulent la liberté, l’occasion de faire des études et de travailler, ils veulent qu’on les respecte. Les jeunes dans le monde arabe ont des compétences et un grand potentiel ils peuvent être les meilleurs dans le monde. Mais j’ai une grande question : pourquoi personne ne les écoute ? Pourquoi le pouvoir politique a-t-il peur de voir les jeunes jouer un rôle économique, social ou politique? Pourquoi ne veulent-ils pas exploiter ces compétences pour faire évoluer leurs pays ?

Un dernier message à vos followers ?

Pour moi, la meilleure chose est de communiquer avec eux, de les entendre, d’écouter leurs critiques, leurs éloges  et opinions. C'est rès imprtants et c'est comme quand vous avez des amis avec qui vousparlez de tout.

Crédit Photo : DW

* Rapport sur le développement humain arabe 2016

Jamais auparavant la région n'a eu une si large proportion de jeunes : ceux âgés de 15 à 29 ans représentent environ 30% de la population, soit quelque 105 millions de personnes. Dans une région où 60% de la population n'a pas encore atteint l'âge de 30 ans, le rapport prédit qu'une telle dynamique démographique sera d'une importance cruciale pour les deux prochaines décennies au moins.
 


Hajer Boujemâa

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