Publié le 18/04/2017

Malgré une implication faible dans la vie politique, les électeurs analphabètes se disent mobilisés pour les prochaines élections

La Fondation internationale pour les systèmes électoraux (IFES), en partenariat avec le Ministère des affaires sociales et l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE), a présenté aujourd’hui les résultats d’une étude sur la participation politique des électeurs analphabètes.
Malgré une implication faible dans la vie politique, les électeurs analphabètes se disent mobilisés pour les prochaines élections

Cette étude, conduite sur un échantillon national représentatif des personnes analphabètes tunisiennes1, a été menée par le bureau One to One for Research and Polling. C’est la première étude de ce genre menée en Tunisie et au Maghreb.

L’étude vise à mieux comprendre le niveau de participation et d’engagement des personnes analphabètes dans la vie politique et dans les élections. Les résultats de l’enquête serviront de fondation au développement d’une stratégie de sensibilisation. Ils permettront de proposer des campagnes d’information ciblées en vue des élections municipales du 17 décembre 2017.

La finalité est d’encourager les électeurs analphabètes à s’inscrire et à participer aux prochains scrutins. L’étude révèle par exemple que 27.7% des personnes interrogées déclarent ne pas être inscrites sur les listes électorales et 13.3% disent ne pas se souvenir.

Près de la moitié des personnes interrogées (47.1%) pense que le pays se dirige dans la mauvaise direction. Ce sont les jeunes analphabètes âgés de 18-34 ans qui sont les plus pessimistes (68.7%). En dépit d’une perception dégradée de la situation en Tunisie, la population analphabète demeure plus optimiste que l’ensemble de la population tunisienne2. Ce constat se retrouve au niveau du jugement sur la situation politique. Tandis que 40.8% des citoyens analphabètes expriment un jugement positif sur la situation politique, 49.8% se déclarent « très insatisfaits » ou « insatisfaits » alors que le taux d’insatisfaction est de 73% chez les citoyens tunisiens en âge de voter.

L’étude révèle que 79% des sondés confirment que « la politique est tellement compliquée qu’ils n’arrivent pas à comprendre ce qui se passe ». Ils se disent aussi très désintéressés par la politique. De plus, 60.1% des sondés étaient incapables de dire ce que veut dire vivre en démocratie pour eux.

Enfin, presque la totalité des personnes interrogées « ne détient pas » ou « détient très peu » d’informations2
sur les prochaines élections qui seront organisées en Tunisie. 86.7% n’ont aucune idée sur le type de ces élections. Ces chiffres soulignent un besoin très fort d’information et de sensibilisation des personnes analphabètes trop souvent oubliées dans la transition démocratique malgré leur poids démographique et électoral.

En dépit d’une perception dégradée de la situation en Tunisie, et malgré un grand désintérêt pour les sujets politiques et le manque criant d’informations, une grande majorité des citoyens analphabètes disent vouloir exercer leur droit de vote lors des prochaines échéances électorales. 81.4% expriment leur intention de participer aux prochaines élections.

Presque 5 citoyens analphabètes sur 10 déclarent avec certitude leur intention de voter dans les élections à venir. Les électeurs analphabètes considèrent qu’ils peuvent exercer leur droit de vote librement et qu’ils le perçoivent comme un moyen d’influencer les décisions politiques. L’immense majorité, soit 81.6% des personnes interrogées, exprime son intention de s’inscrire aux prochaines élections. Cette volonté forte de s’inscrire et de participer davantage à la vie publique appelle les autorités publiques à redoubler d’effort pour donner les moyens aux personnes analphabètes de mieux comprendre la nouvelle Tunisie démocratique à travers un effort accru de sensibilisation et d’information.

Cette étude a été possible avec le concours technique et financier de la Division de la Coopération Internationale de l’Ambassade suisse en Tunisie, du Ministère des affaires sociales, et notamment la Direction générale de la promotion sociale et le département d’éducation pour adultes, ainsi que l’Instance supérieure indépendante des élections (ISIE).

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