Publié le 21/07/2017

Des dizaines de blessés au Maroc après des heurts entre forces de l'ordre et manifestants

Des affrontements ayant opposé jeudi après-midi à Al-Hoceïma, au nord du Maroc, forces de l'ordre et manifestants ont fait des dizaines de blessés des deux côtés.
Des dizaines de blessés au Maroc après des heurts entre forces de l'ordre et manifestants

"Soixante-douze éléments des forces publiques ont été blessés (...) suite à des jets de pierres (...) onze personnes parmi les manifestants suite à l'usage du gaz lacrymogène", a indiqué jeudi soir la préfecture d'Al-Hoceïma, citée par l'agence de presse officielle MAP.

Cette ville et les localités voisines ont été jeudi le théâtre d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, qui ont utilisé des bombes lacrymogènes et usé de la force pour empêcher une grande marche prévue de longue date de se tenir.

"Tous les blessés ont quitté l'hôpital où ils ont été transférés, à l'exception de deux éléments des forces publiques dont l'état de santé est jugé grave", toujours selon la préfecture, qui a fait état de "deux véhicules des forces publiques endommagés et incendiés par certains manifestants à Ajdir", près d'Al-Hoceïma.

Les sympathisants du "Hirak", nom donné localement au mouvement de protestation qui agite le Rif, région historiquement frondeuse du royaume, avaient maintenu, malgré l'interdiction des autorités, leur appel à une grande marche ce jeudi pour réclamer la libération de leurs compagnons. 

"Vive le Rif, vive Zefzafi!", criaient des centaines de manifestants, en référence au leader du mouvement, Nasser Zefzafi, arrêté fin mai.

Ils sont parvenus à défiler par moments dans le quartier de Sidi Abed et près de la place centrale de la ville, mais étaient rapidement réprimés par les forces de l'ordre, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le président pour Al-Hoceïma de l'Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH), Mustapha Allach, a déploré d'"importantes entraves aux libertés".

"Depuis le début de la contestation, la ville n'a jamais été autant en état de siège", a-t-il indiqué à l'AFP, faisant état de "nombreuses arrestations de manifestants". 

La connexion internet a été largement ralentie, par moments interrompue, et le réseau téléphonique perturbé dans toute la ville.

En début d'après-midi, la police avait commencé à quadriller les principales places de la ville, y interdisant tout accès, alors que la quasi-totalité des commerces étaient fermés.

Des journalistes sur place ont dit à l'AFP avoir été témoins d'une dizaine d'arrestations, dont celle de Hamid El Mahdaoui, patron d'un site d'information local.

Le parquet d'Al-Hoceïma a annoncé jeudi soir l'ouverture d'une enquête sur ce journaliste marocain engagé, accusé d'avoir "invité" des personnes à "participer à une manifestation interdite et à contribuer à son organisation".

Prévue de longue date, cette manifestation annoncée comme la "marche du million" visait à l'origine à dénoncer la marginalisation de la région.

Mais avec l'arrestation en mai de Nasser Zefzafi et de plus de 150 de ses partisans, accusés d'"atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat", la principale revendication est devenue leur libération.


AFP

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